Archive pour le 5 janvier 2010
Description :
Le loup est le plus grand des canidés, famille regroupant 41 espèces dont les renards, coyotes, chacals et notre chien domestique (Canis canis ou Canis familiaris). Il existe plus d’une trentaine de sous espèces de loup différenciées par leurs localisations géographiques et leurs caractéristiques morphologiques. Le poids peut ainsi varier de 14 / 25 kg chez le loup de la péninsule arabique (Canis lupus arabs) à 80 kg chez les plus gros mâle du loup boréal américain (Canis lupus arctos).
La couleur du pelage varie selon les sous-espèces et la répartition géographique, mais aussi au sein d’une même portée. Existant du blanc au noir, en passant par toutes les nuances de gris, fauve et même roux, à ne pas confondre avec le loup roux (Canis rufus), hybride du loup et du coyote, quasiment disparut à l’état sauvage, la couleur de la robe révèle son adaptation au milieu. Le loup arctique est pratiquement blanc alors que les individus vivant dans des forêts très touffues ont une robe sombre.
La morphologie générale du loup évoque immédiatement la puissance, la rapidité et l’endurance. Associé à une intelligence légendaire, une vue et une ouïe excellentes, et un odorat, capable de déceler la présence d’une proie, ou de l’homme, jusqu’à 2,5 kilomètres de distance, le loup est au sommet de la chaîne alimentaire dans la plupart des régions qu’il peuple, là où il n’y a pas de pumas, grizzlis et ours.
Sa mâchoire, constituée de 42 dents dont 4 canines, peut exercer une pression de 150 kg / cm² (contre 60 kg / cm² pour le chien). Il est capable de transporter dans la gueule et en courant un mouton de 50 kg sur plusieurs kilomètre. C’est cette formidable “gueule” qui fait de ce prédateur un carnivore particulièrement efficace qui se nourrit en milieu naturel de grands ongulés : chevreuils, chamois, cerfs, bouquetins, élans, rennes… Dans le Mercantour, le mouflon représente ainsi 60 % de son régime alimentaire en hiver, mais seulement 10 % en été. Il faut dire que la capture d’un mouton non gardé est bien plus facile. Affamé, il pourra se sustenter de charognes, petits rongeurs, reptiles, oiseaux et même baies et fruits sauvages.
La ration de viande quotidienne est de 2,5 kg, mais ne mangeant pas tous les jours, il est capable d’ingurgiter une dizaine de kilogrammes en un seul repas. Les restes sont ramenés et enterrés à proximité de la tanière.
Malgré une organisation digne des commandos et un physique de super prédateur, le loup détient le record des attaques échouées. En effet, on estime qu’au mieux une attaque sur dix seulement aboutit à l’abattage d’un animal. Pouvant parcourir jusqu’à 30 km par jour en quête d’une proie, le loup dédit environ un tiers du temps de sa vie à l’alimentation.

Reproduction et éducation :
Les loups s’accouplent une fois par an. La période de rut s’étale de janvier à avril selon les régions. Dans les meutes de moins d’une dizaine d’individus, seul le couple dominant se reproduit. Son agressivité est alors à son paroxysme, inhibant l’instinct reproducteur des autres membres de la meute. Ce comportement permet de sélectionner les meilleurs individus pour la reproduction.
La louve porte ses petits pendant environ 60 jours. A l’approche de la naissance, entre février et juin, elle se met à la recherche d’une tanière où mettre bas, de préférence près d’un point d’eau. A la naissance, les petits, au nombre de 2 à 5, sont aveugles et désarmés mais dès l’âge de 2 semaines, leurs yeux s’ouvrent et la curiosité les pousse vers l’issue de la tanière. La mère les allaitera pendant 2 mois avant de commencer le sevrage par une alimentation composée de viande régurgitée.
Toute le meute participe à l’éducation des louveteaux, y compris les jeunes de l’année précédente qui servent tour à tour de nourrice et de compagnon de jeux. A l’âge de 4 mois, le louveteau prend le nom de louvard. Dès l’âge de 6 mois, il commence son éducation et apprend à reconnaître les pistes, les proies et les limites de son territoire. De taille adulte vers 1 an, il participe à la vie de la meute. Mature à l’âge de 2 ou 3 ans, il pourra choisir de rester dans la meute ou de partir à la recherche l’âme sœur pour fonder une nouvelle famille. Devenu loup solitaire, il devra parfois parcourir de très longues distances, en prenant soin d’éviter les territoires d’autres meutes. L’éparpillement est une nécessité pour l’espèce afin d’assurer un brassage génétique et la conquête de nouveaux territoires.
Intérêt écologique :
Ce pourrait être un vœu, c’est une réalité. Douglas W. Smith, responsable scientifique pour le loup à Yellowstone, constate les effets positifs de la présence du prédateur dans le parc national depuis sa ré introduction en 1995 et 96. Il l’appelle l’”effet loup”. Les ongulés demeurant moins longtemps pour s’abreuver aux points d’eau, ils endommagent moins les berges. Des plantes y repoussent, qui attirent à leur tour de nouvelles espèces d’insectes, d’oiseaux, de batraciens. Moins nombreux, les élans consomment moins de pousses d’arbres, laissant cette ressource aux castors. Ces derniers, en construisant leurs barrages, permettent à certaines plantes aquatiques très prisées des ours à leur sortie d’hibernation, de réapparaître.
Et la chaîne continue ! Les coyotes sont moins nombreux et les populations de rongeurs plus dynamiques, permettant ainsi un nouveau développement des chouettes, des hiboux et de tous les oiseaux de proie, sans oublier le renard rouge. Et Douglas W. Smith de raconter : “nous avons vu jusqu’à cent trente-cinq animaux se nourrir sur une carcasse abandonnée par les loups. Je ne sais même pas comment ils faisaient pour se nourrir, avant le retour du prédateur.”

Grand méchant loup :
Contrairement aux croyances populaires, où le loup est présenté comme un animal sanguinaire et mangeur d’hommes, les attaques sont extrêmement rares, mais, dans notre soucis de protection, ne transformons pas ce grand prédateur en un inoffensif chien-chien à sa mémère.
On a recensé plusieurs cas où des loups auraient attaqué des hommes. On cite par exemple, un scientifique qui aurait tenté de s’interposer entre un loup et ses chiens de traîneau en train de se battre ; l’homme a eu le bras déchiqueté alors qu’il essayait de le saisir à la nuque. Dans l’état du Minnesota, un loup a apparemment confondu un chasseur imprégné d’odeur de cerf et l’a renversé. Lorsque le loup a réalisé son erreur, il s’est enfui (qui du loup ou de l’homme a eu le plus peur). On raconte aussi que les loups craignent tellement les hommes qu’ils ne traverseraient même pas un chemin enneigé, portant des traces de pas humains.
En février 2001, à la demande du ministère norvégien de l’environnement, plusieurs chercheurs ont rédigé un rapport qui tente d’examiner les données existantes et relatant des attaques de loups sur des hommes au cours de ces dernières centaines d’années dans le monde.
Ont ainsi été examinés des ouvrages écologiques, médicaux, vétérinaires et historiques. Pour ces derniers, n’ont été retenus que les cas provenant d’épisodes pour lesquels il existe une forme de documentation écrite, excluant les cas rapportés par la seule tradition orale. Les données étant souvent fragmentées et de qualité fort variable, beaucoup de rapports ont besoin d’être appréhendés avec prudence.
A partir des données rassemblées, il ne semble pas y avoir de doute qu’en de rares occasions et dans des circonstances particulières, des loups ont pu attaquer et tuer des gens. On peut ainsi identifié 3 types d’attaques :
attaques par des loups enragés.
attaques défensives où le loup a mordu une personne en réponse à une situation où il était acculé ou provoqué.
attaques de prédation lorsque les loups semblent avoir considéré une personne comme une proie.
Retour en France :
Disparu de France peu avant 1940, après avoir fait l’objet de campagnes d’éradication, le loup est revenu au début des années 90. Tout simplement, en traversant les Alpes depuis l’Italie, en provenance de la chaîne des Apennins qu’il n’a jamais désertée. Le retour de Canis lupus a été officiellement enregistré en 1992 dans le parc du Mercantour (Alpes-Maritimes) et dans les Hautes-Alpes.
En France, le loup figure sur la liste des espèces protégées, en vertu de la convention de Berne de 1979 sur la conservation de la vie sauvage et de la directive européenne de 1992 relative à la sauvegarde de la faune et de la flore sauvages. Pourtant, dix-huit ans après son retour, la cohabitation avec les hommes reste délicate.
La France est en effet le seul pays d’Europe où d’importantes activités d’élevage s’étaient déployées à l’abri de tout prédateur durant presque un siècle et où il a donc fallu réapprendre à cohabiter avec une population de loups. Pour répondre à cette situation inédite, le gouvernement a mis en place dès 1993 un plan d’accompagnement, prévoyant le suivi scientifique de l’espèce, l’indemnisation des dommages causés par les loups, la protection des troupeaux et l’assistance aux éleveurs, notamment avec l’aide la Commission européenne. Des tirs d’effarouchement mais aussi des prélèvements peuvent être notamment autorisés pour limiter les dégâts sur les troupeaux.
Le territoire occupé par les loups a augmenté d’environ 25 % par an en moyenne depuis 1992. En dehors du Massif alpin, des loups sont détectés :
- ans le Massif central depuis 1997,
- dans les Pyrénées-Orientales depuis 1999,
- en Lozère depuis 2006,
- dans le Gard et l’Aveyron depuis 2007 et
- dans le Cantal depuis en 2008.
On compte 150 individus environ en France, soit 16 meutes et 25 zones d’occupation permanente. En Espagne, le loup attire les touristes. En France aussi, certaines régions ont aussi fait du loup un atout touristique :
- En Lozère, le parc du Gévaudan, créé en 1985, enregistre environ 120 000 entrées annuelles,
- dans les monts du Lyonnais, le parc de Courzieu permet d’assister aux repas des loups,
- en Ariège, la Maison des loups, ouverte en 1997, abrite plus d’une vingtaine de bêtes vivant en semi-liberté dans de vastes enclos, et
- dans les Alpes-Maritimes, à proximité du parc du Mercantour, le Centre alpha permet, depuis 2005, d’observer depuis des affûts trois meutes en semi-liberté.

Les chiens sauveteurs :
Les capacités olfactives et auditives du chien sont plus développées que celles de l’homme, car elles contiennent 15 fois plus de cellules olfactives. Les capteurs de son, utilisés pour détecter un battement de cœur, ne fonctionnent que dans le silence complet. Les talents canins exceptionnels sont ainsi employés pour localiser et sauver les personnes disparues.

Des années d’apprentissage :
La formation des chiens est complète : afin d’identifier les odeurs, le chien ne doit pas être distrait par les odeurs autres que celles de sa cible comme la fumée. Le vacarme, souvent inhérent à de telles situations, ne doit pas être déstabilisant. Le chiot est très tôt entraîné, car il doit faire, dès son plus jeune âge, la relation entre la découverte d’un objet et la satisfaction de son maître. Le principe de dressage est simple : le chien doit identifier l’odeur à un objet qu’il considère comme son jouet ; s’il veut en profiter, il doit le signaler à son maître. Au cours de l’apprentissage, le niveau de difficulté évolue : l’objet sera de plus en plus dissimulé, lointain ou inaccessible. En parallèle, l’animal doit aussi apprendre à manifester la découverte d’un objet et ce pendant un temps suffisamment long : aboiements, gémissements, grattages, ces indices doivent permettre à son maître de localiser son objectif. Se faufiler dans des passages étroits, agir sans nervosité, être autonome mais obéissant : autant de subtilités que le professionnel à quatre pattes devra intégrer pendant 12 à 18 mois.
L’expérience sur le terrain :
Un chien d’avalanche fouille en 2 heures la même surface qu’une vingtaine de pisteurs en une journée. En France, environ 140 équipes cynotechniques sont spécialisées pour la recherche de victimes d’avalanches. Les saint-bernards, trop lourds, ont cédé la place aux bergers-allemands, autres. Tous sont dotés de qualités physiques exceptionnelles et d’une parfaite endurance, sur terre comme dans l’eau : certains animaux suivent une formation cyno-aquatique, comme le terre-neuve, dont le pelage dense présente deux avantages : il permet à la personne secourue de s’y raccrocher et la formation de micro-bulles entre les couches de poils favorise l’effet “bouée”.
Les chiens policiers ou chiens de détection :
La recherche des substances narcotiques ou explosives requiert un odorat très développé. Petite nouveauté, l’odorat canin démasque la présence de malfaiteurs lorsque les policiers ne peuvent s’aventurer dans une zone dangereuse et trop découverte. Les Britanniques pensent que la présence d’un chien est plus dissuasive que la menace d’une arme à feu, car avec le chien, il est impossible de négocier. Aujourd’hui, dans le South Yorkshire, les policiers britanniques mettent au point un programme de sécurité unique au monde : les chiens policiers sont équipés d’une caméra miniature munie de capteurs infra-rouges : le chien a deux missions principales : détecter les présences humaines mais aussi dissuader les personnes dangereuses. Malgré l’entraînement, cette mission n’est pas sans danger : le chien ne peut porter de gilet pare-balles qui, lourd de 4 kg, ralentit de façon considérable la vitesse et l’agilité de notre héros.
