Plus qu’un animal de compagnie, le chien un animal familier, dans le sens où il fait véritablement partie de la famille. Affectueux, loyal, fidèle, notre compagnon à 4 pattes est paré de bien des qualités. Cependant , cette intimité nous conduit parfois à le considérer comme un de nos semblables, une erreur qui cause bien des déboires… En effet, le comportement du chien obéit avant tout aux règles de son espèce. Connaître la vraie nature du chien, ses codes de communication, son fonctionnement sociale est indispensable pour assurer une relation homme/chien harmonieuse.


Il ne faut surtout pas sortir un chiot avant ses derniers vaccins

Faux!
En ne sortant pas le chiot très tôt, il y a plus à craindre de ne pas initier une bonne socialisation au milieu extérieur, plutôt qu’à le maintenir à l’intérieur pour le préserver des infections possibles.

Il faut donc le sortir avant ses 3 mois pour un risque infectieux minime, par rapport à un risque maximum d’avoir un chiot incapable d’aborder sans crainte les sorties (de ville surtout) faute d’y avoir été familiarisé assez tôt.

Risque encore majoré s’il vient d’un élevage isolé en campagne sans contact du tout avec les bruits de rue. Sans pour autant emmener le chiot tout de suite faire ses besoins sur les trottoirs les plus fréquentés, parce que justement souvent les plus sales, il y a urgence à le confronter progressivement à toute situation qu’il sera amené à vivre plus tard (et pour les mêmes raisons, si le chiot dispose d’un jardin)


Le chien qui détruit ne se venge pas…

Exact!

Imaginons le chien qui détruit et/ou souille la maison en l’absence de ses maîtres, en suivant l’idée qu’ainsi « il se vengerait ». Laissé seul, l’animal se sentirait victime d’une injustice et il devrait châtier à son tour, pour réparation de ce préjudice. Quelque chose du genre « tu m’as fait ça ! Alors moi je vais te faire ça ! Ainsi tu vas comprendre ! »

Le chien est incapable d’organiser un tel plan que seule la complexité d’un cerveau humain permettrait d’élaborer.

Ainsi, l’animal qui se livre à des destructions ne le fait pas par vengeance, mais tente maladroitement (en activités musculaires de grattages ou mordillages) de se libérer de tensions intérieures (tensions induites par des détresses de solitude et/ou de mécontentement)


Si le chiot fait ses besoins à la maison, il faut mettre lui mettre le nez dedans…

Faux !
En ne procédant pas vraiment méthodiquement pour l’acquisition de la propreté d’un chiot, mais au contraire en allant successivement de conseils en recettes (bonnes pour certains profils de chiots mais pas pour d’autres) cela sans constance ni cohérence, on risque d’échouer dans ce premier et difficile apprentissage à lui faire faire… surtout si l’on ne cherche qu’à être répressif, plutôt que persuasif ou à la rigueur dissuasif .

Mettre le nez d’un chiot dans ses pipis et cacas (ce qui pour lui n’est pas répugnant donc pas dissuasif !) ne lui apprendra pas un autre comportement (celui attendu, étant de savoir se retenir pour aller se soulager dehors plus tard)

Attention de plus au risque de coprophagie chez certains chiots, qui chercheraient ainsi par peur, à dissimuler leurs propres selles.


Il faut parfois faire preuve de brutalité pour apprendre à son chien à bien se comporter

Exemples parfois conseillés : initier le « assis » en écrasant le dos du chien, ou la marche en laisse au pied, avec les fameux et vigoureux « coups de sonnette » donnés tous les 3 pas, ou le « pas sauter » à inculquer avec des coups de genoux dans le poitrail, ou le « pas toucher » avec des coups de laisse sur le museau…

Et je passe sur les colliers anti-aboiements employés sans discernement, les boîtes de transport qui servent à enfermer le chien des journées entières (+ les nuits pourquoi pas !)…

STOP ! Ce ne sont pas tous ces sévices qui apprennent au chien les « bons » comportements.

S’y prendre le plus tôt est bien sûr le mieux pour que ne s’installent pas de mauvaises habitudes que l’on voudra ensuite réprimées.

Dès l’adoption d’un chiot, il est si simple (uniquement en l’ignorant et en esquivant s’il le faut) de ne pas encourager ses sauts sur soi quand il « fait la fête ». C’est tout un modèle pour aborder les humains qui se met en place pour le petit animal, qui ira ensuite à l’approche de tout le monde sur ses 4 pattes. S’il s’agite trop, on reste neutre et il s’apaisera plus vite.

En balade, si l’on ne commence pas par le tirer en laisse pour le diriger (mais qu’on le stimule de la voix pour l’inciter à nous suivre) on peut simplement s’immobiliser quand lui-même tire, et repartir dès qu’il cède.

Quant à ses aboiements, rien ne sert de hurler pour couvrir sa voix, mais l’attirer vers soi le détournera positivement de l’objet de son inquiétude.

Bref, être calme et persuasif (parfois dissuasif si nécessaire) plutôt que répressif, permet au chiot (et au chien plus tard) d’apprendre ce que l’on attend de lui, ce qui est bien plus éducatif et plaisant pour tout le monde.


Les conditions de stimulation et développement précoce du chiot à l’élevage sont très importantes

Le rôle de l’éleveur est prépondérant pour le futur bon équilibre émotionnel et comportemental du chiot. La richesse en stimulations de toutes sortes au cours des premières semaines de vie du petit animal, l’initie à aborder sans stress toutes les situations qu’il sera susceptible de rencontrer plus tard avec sa famille humaine.

  • De quotidiennes manipulations douces et attentives des chiots par les éleveurs (et même d’autres personnes avec d’élémentaires précautions d’hygiène) les habituent à considérer positivement l’humain.
  • Etre admis un peu dans les lieux d’habitation de l’éleveur, enrichit leur répertoire d’expériences précoces et les familiarise avec l’ambiance de vie humaine.
  • Pouvoir exercer leur motricité sur des aires de jeux simples (type toboggan) ou aller tous ensembles avec leur mère faire un petit tour dans la voiture de l’éleveur, ouvre les chiots à une confiance future face à la nouveauté.

Cette qualité de socialisation des chiots est à privilégier pour une prochaine acquisition, tout autant qu’une bonne qualité sanitaire de l’élevage.


Un chien qui a peur de tout est malade

Attention à ne pas confondre pathologie et étrangeté de comportements d’apparence inexplicables.

Un chien qui peur de tout (des êtres humains, de ses congénères, des bruits dans la maison et de la ville et son tumulte) n’a sûrement pas pu profiter des bonnes conditions de développement précoce décrites dans la question précédente.

Il sera très difficile pour les maîtres d’un tel chien, de le faire évoluer vers une meilleure tolérance à toutes ces situations.

Le secours d’un comportementaliste s’impose pour évaluer les seuils de difficultés d’adaptation de l’animal et ce qui peut être mis en place dans le quotidien, pour l’aider à acquérir un peu de confiance et d’aisance dans le monde qui l’entoure.


Pour qu’un chiot sache rester seul sans stress, il faut l’ignorer au départ et retour à la maison

C’est capital en effet de mettre en place cette banalisation des arrivées et départs de la maison (au retour, on reste neutre devant les « fêtes » du chiot et ensuite on lui dit bonjour dès qu’il est calmé… c’est dur, mais c’est une habitude pour son bien).

Cela ne suffit pas pour autant à initier la tranquillité de certains chiots en l’absence de leurs maîtres.

Qui dit solitude sans transition, alors qu’il n’a connu que la rassurante proximité de sa mère, sa fratrie (et ses éleveurs dans le meilleur des cas d’élevage familial) dit à coup sûr : détresse du chiot (avec vocalises et mâchouillages divers de son environnement).

En conséquence, ne pas laisser le chiot seul dès le lundi matin quand on est allé le chercher à son élevage le samedi, est déjà l’élémentaire précaution à prendre pour initier sa confiance en ses maîtres et son nouveau lieu de vie.

Une bonne semaine pour lui faire prendre quelques nouveaux repères, me paraît un strict minimum.

Dans la journée de temps en temps, on peut déjà laisser le chiot dormir un peu seul dans une pièce, quand on est dans une autre et surtout ne pas répondre à ses chouinements. Progressivement, il va s’habituer à n’être pas que « collé » et constater qu’il ne se trouve pas « englouti » dans cette solitude.

Ménager de courts moments de jeux (courts pour ne pas engendrer l’excitation) et interactions dont on est toujours initiateur (et pas le chiot !) pose les bases d’une relation rassurante avec les nouveaux maîtres.

L’objectif à atteindre (un chien paisible quand il est seul) passe par ne pas être constamment en interaction et « collage » avec l’animal quand on est présent... ce qui est souvent l’inverse de ce que pratiquent les gens qui s’absentent de nombreuses heures pour leur travail !


Un chien peut souvent être jaloux du bébé qui arrive dans la famille

Jaloux à proprement parlé non, mais le chien peut se sentir en compétition avec ce nouveau venu, pour tout l’intérêt que chacun lui porte.

Si le chien a eu l’habitude de recevoir réponse à toutes ses demandes de caresses, jeux ou sorties, il peut vivre $assez mal de n’être plus le seul centre d’intérêt de ses maîtres.

Il s’agit de ne pas attendre l’arrivée de bébé (qui est en soi un grand chambardement dans la vie de tout le groupe familial) pour redevenir initiateur des échanges sociaux avec l’animal.

Cette meilleure organisation des relations influence l’apaisement du chien devant les repères de son quotidien bousculé, et vient minorer l’inévitable impact de cette si soudaine (et bien souvent) perturbante nouveauté que représente pour lui le bébé.

Prévention et sécurisation du quotidien doivent donc être les préoccupations principales des futurs parents, et pour être bien menées elles doivent être mises en œuvre préalablement à la naissance, si nécessaire avec l’aide d’un comportementaliste.


Un jeune chien c’est beaucoup de temps et de patience pour en faire un chien bien équilibré

Un chiot est réactif, spontané, curieux. De nombreux mois durant, surtout pour des grandes races de molosses à maturité tardive, il se montre d’un naturel distrait, maladroit, inconstant et étourdi.

C’est toute la fougue de sa jeunesse qui a besoin d’être canalisée, pour que le jeune chien puisse devenir ce compagnon agréable qui sait ce que l’on attend de lui.

Comment saura-t-il bien se comporter en famille et en société, sans la disponibilité et les qualités d’indulgence, d’adresse, de patience et de constance de ses maîtres ?

  • Disponibilité : parce qu’un chiot n’apprend rien quand il est laissé seul et inactif des journées entière !
  • Adresse : parce que si l’on ne sait pas bien apprendre à son chiot, il n’en sera pas responsable !
  • Indulgence et patience : parce que l’on ne peut jamais exiger d’un jeune chien qu’il fasse bien du premier coup !
  • Constance : car si l’on n’est pas capable soi-même de cette qualité, comment l’exiger d’un chien immature et en quête de repères !

Initier d’abord la confiance et devenir de parfaits instructeurs, sont donc les deux premières tâches du nouvel acquéreur d’un chien, pour que celui-ci puisse apprendre petit à petit à adapter ses comportements à la vie quotidienne des humains.


Une chienne  (13 mois) fait pipi de joie à l’accueil des visiteurs.  C’est très embêtant… il n’y a rien à faire pour l’en empêcher !

FAUX
L’objectif n’est pas là « d’empêcher », mais il y a toujours à faire pour aider un chien à mieux gérer ses émotions (les pipis de joie étant le fait des « très émotifs »)

Rester neutre*, c’est-à-dire ne pas prêter attention et ne pas répondre au chien qui s’agite à l’accueil, participe à ne pas sur-développer l’émotion de l’animal, mais au contraire à la tempérer. Le chien n’en est pas vexé, il ne « pense » pas que « qu’on ne l’aime plus » (ce qui serait le cas d’un humain !), mais on le protège de la trop grande émotion qui le submerge et qu’il ne sait plus gérer, jusqu’à n’avoir plus la maîtrise sphinctérienne.

Petit à petit les démonstrations de joie de l’animal sont de moins en moins débordantes, c’est le cas de le dire ! et le chien peut mieux se contenir. Une fois qu’il est calmé, on peut l’inviter à venir vers soi pour des caresses amicales jamais « débordantes » non plus ! pour lui dire un petit bonjour raisonnable (sinon ça risque de ré-emballer la machine !

* Rester neutre : c’est ne pas regardez le chien, ne pas lui parler (les sois-sage, tiens-toi tranquille, etc… nourrissent maladroitement l’émotion/agitation du chien !) et ne pas le repousser, mais juste esquiver ses sauts (les contacts nourrissent aussi l’agitation)


Un chien obéit pour faire plaisir à son maître

Si un chien obéit pour faire plaisir à son maître, alors lui désobéit-il pour « l’embêter » ?

La réalité canine est sans doute un peu autre, et le chien n’obéit pas exactement pour faire plaisir à son maître, mais plutôt pour le plaisir que lui procure un maître très reconnaissant et gratifiant, quand il est lui-même satisfait.

De même, le chien ne désobéit pas pour « embêter » son maître, mais plutôt parce que celui-ci n’aura pas su assez le motiver, en lui montrant qu’il pouvait être agréable de lui être attentif !

Le chien apprend par l’association d’évènements/actions et de ressentis (plaisir ou désagrément) qui les accompagnent.

S’il a retiré du plaisir dans une action, le chien renouvellera facilement l’expérience, surtout si la satisfaction est chaque fois à la clé… joie et coopération animent alors l’animal (appelons cela obéissance si vous y tenez !)

A l’inverse s’il retire du désagrément, le chien va légitimement négliger, éviter ou même résister devant ce qui lui aura déjà été déplaisant, et la crainte, voire peut-être même l’agressivité peuvent alors le soulever.

A retenir donc : situation vécue par le chien = sensation agréable ou désagréable. Il mémorisera et reproduira facilement les actions qui lui auront procuré du bien-être et évitera les autres (pas bête! non?…)

Bref un chien qui retire du plaisir à ce qu’il fait avec son maître, suscite la satisfaction de ce denier, qui devient enclin à chaudement féliciter/gratifier son chien, qui lui-même en retire beaucoup de plaisir ! et la boucle est bouclée.

En conclusion, soyons facilitateurs et gratifiants quand notre chien fait ce que nous attendons de lui (même si c’est une « petite chose »)

Danièle Mirat – Ethologue Comportementaliste


CONSEILS EN VRAC


Les quiproquos entre maîtres et chiens tiennent au fait que dans la communication, les humains privilégient le langage « parlé », alors que les chiens sont sensibles au langage « non verbal »


Enseigner c’est répéter à l’identique. La constance est pédagogique.


La stérilisation supprime ou atténue les comportements sexuels mais influe peu sur le caractère , contrairement à l’idée reçue.


Les repas en libre service où le chiot a à disposition de la nourriture en permanence sont à proscrire. La distribution en trois repas et en temps limité est la meilleure méthode ( 10-15 min ). Cette routine alimentaire, en régulant le transit, contribue à l’apprentissage de la propreté.  Il mange après le dominant.


Si le chiot pleur les 1ères nuit, demandez au vétérinaire un diffuseur électrique de phéromones apaisantes (DAP) à placer à proximité du panier. ( Du à la séparation mère et son petit )


La Jalousie

La jalousie a deux définitions : ce peut être un sentiment d’envie immédiate, survenant en situation de compétition, ou bien encore un sentiment plus complexe, qui naît de la peur de perdre un être aimé ou un objet. Si le chien est parfaitement capable de d’éprouver la jalousie telle que la présente première définition, il est en revanche improbable qu’il puisse connaître le sentiment décrit dans la deuxième. Cela nécessiterait qu’il réalise la prouesse intellectuelle d’attribuer des sentiments futurs à autrui et d’imaginer les conséquences qui pourraient en découler.

Un chien ne peut se retrouver en concurrence direct avec le bébé à naître que s’il le reconnait comme un compétiteur potentiel, ce qui ne surviendra qu’à la puberté de l’enfant. En revanche, il n’est pas capable de craindre un éventuel désamour de sa maîtresse. Il n’en « voudra » donc ni au nouvel arrivé, ni à sa maîtresse.

Toutefois, dans un monde de chien, le ‘jeune’ n’est jamais prioritaire, il passe toujours en dernier, un chien peut être amené à rappeler qu’il passe avant le bébé, pour manger ou pour se faire caresser. Ce sont ces comportements qui nous font penser à de la jalousie; en réalité, il s’agit plutôt du respect des règles protocolaires canines!

La punition la plus significative est de bannir le chien du groupe, donc de le renvoyer dans son panier. La punition, le conflit doit immédiatement cesser lorsque le chien adopte une posture de soumission. La punition ne s’inscrit pas dans la durée mais dans la répétition.


Le Mordillage

En général quand le chien mordille les mains les gens ont tendance à enlever les mains, hors il faut faire exactement le contraire, l’exciter pour qu’il soit tenté de recommencer, puis lui rendre la pareille tout comme l’aurait fait son petit frère, puis continuer à le tenter, il doit penser que c’est un jeu qui t’amuse, ensuite il décidera de ne plus jouer à ce jeu la avec toi et il cessera ce comportement de son propre chef.

Il ne faut pas que ton chien considère ta sanction (lui pincer le museau ou le fermer brusquement) comme une réprimande, mais comme une reponse normale à son action, donc effectivement sans engueulade.

Ceci dit, s’il aboie quand vous le grondez c’est que la hiérarchie n’est pas claire, pas bon du tout, c’est à cet âge que vous devez lui enseigner la hiérarchie, comme ça se passe dans la nature et non quand il sera adulte grand et fort.


Le Chien Fugueur

Les motivations à la fugue sont très variées, recherche de compagnie, attraction d’un partenaire sexuel, sortie avec des copains, fumet des poubelles du quartiers, irrésistible attirance pour les poules du voisin, promenade récréative riche en odeurs. Toutes ces raisons existent seules ou entremêlées. Le chien récidiviste démontre par son comportement que chaque fugue lui a offert un plaisir qui alimentera d’autant plus son désir de fuguer.

A ce stade, il s’agit d’une quasi-addiction et il sera aussi difficile de persuader un chien de ne plus fuguer que de convaincre un fumeur de s’arrêter.  Mieux vaut donc agir tôt!

Il faut noter que bouder ou gronder un chien qui rentre de fugue diminue très fortement sa motivation à revenir. I l faut mettre sa peur et sa colère de côté afin de manifester une grande joie à son retour pour l’inciter à revenir plus rapidement.

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